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UNE JOURNEE ORDINAIRE AVEC LE GOUVERNEUR Alphonse NGOYI KASANJI

       Ce Lundi 15 Octobre 2007, il est 8h00 du matin à Mbuji-Mayi quand la paillote du Gouverneur commence à se remplir. Sous cette fameuse paillote se retrouvent les visiteurs du gouverneur et ceux qui font une demande d’audience. Elle se situe dans la résidence officielle du gouverneur  de Province juste devant la grande bâtisse abritant les appartements privés de son Excellence.

           Très tôt, Maman Isabelle et Papa DIYOKA, chargés du protocole s’activent. Ils remplissent la liste des demandes et installent les illustres visiteurs. Et oui, ne pas n’importe qui celui qui accède à la paillote.

        9h00, le gouverneur NGOYI  KASANJI se met à recevoir ; la liste des demandes est toujours longue. Mais aujourd’hui,  le chef a décidé de consulter pour une meilleure gestion de la Province toutes les couches sociales importantes de sa juridiction. L’objectif est de recueillir toutes les suggestions afin de mieux appréhender les axes prioritaires d’une politique publique.

            La première délégation à être reçue, est celle des hommes d’affaires. Je remarque la haute silhouette de M. KABAMBI wa BEYA, propriétaire de l’hôtel KA-BE DE LUXE, où d’ailleurs je suis logé.

            Le protocole des visites reste le même : Maman Isabelle ou Papa DIYOKA viennent chercher les visiteurs, les journalistes accourent pour prendre des images de l’entrée des visiteurs dans le salon où son Excellence reçoit. Ensuite, une fois les visiteurs installés au salon, les journalistes prennent encore quelques images et s’en vont. Ils attendront la sortie pour des images et l’interview à chaud. La question principale reste celle-ci : «  Vous venez de rencontrer le Gouverneur de Province, de quoi s’agissait-il ? »

          Ensuite, vient la délégation syndicale, la Société Civile du Kasaï-Oriental et la première délégation des confessions religieuses.

           Je suis sous la paillote avec les autres quand je vois sortir du salon Me José MPANDA. Cet homme est incontournable dans le système « NGOKAS ». C’est lui qui l’anime. C’est le chef d’orchestre, tout passe par lui. Comme dans tout véritable pouvoir, c’est l’homme qui a la confiance totale du chef. C’est lui qui incarne le pouvoir, le personnifie. Grand, fort, tonitruant, actif, il est indispensable au dispositif  «  NGOKAS ».

            Je l’accoste. Il me dit : « Professeur, ne bougez pas. Le chef a besoin de vous. Il va vous recevoir incessamment ». Me José s’en alla. Je me réinstallais sous la paillote.

             La délégation de la FEC (Fédération des Entreprises du Congo) sortait et avec ODI, un autre enfant-chéri du chef. Lui, vint franchement vers moi car il m’avait pris en adoption. C’est ODI qui m’initiait au système «  NGOKAS ». Il me dit que le chef avait encore beaucoup de préoccupations et qu’il valait mieux que j’aille manger un morceau avec lui. Nous allâmes dans une des deux maisons de la résidence du gouverneur. Là habitaient Me José, Pierre et Odi. Le domestique Ilus nous fit un repas à base de pain et d’avocat au lait ; frugal mais qui bourre. Et je retournais à la paillote.

            Me José qui passait par là, me fit signe et me fit entrer par une porte dérobée dans le salon où le gouverneur recevait en ce moment quelques députés. Ce dernier me jeta un coup d’œil et continua à discourir. Je m’installais dans un fauteuil du salon et assistais de loin aux audiences du chef.

            Cet homme était infatigable. Il continuait de recevoir les uns après les autres sans se reposer. Quelques ministres, quelques PDG…les équipes sportives, la deuxième délégation des confessions religieuses. Je regardais NGOYI KASANJI et je l’admirais de plus en plus. Je me demandais d’où lui venait toute cette énergie. Le gouverneur était un homme bien en chair, de taille moyenne et de compagnie agréable. Il était simple et humain. Ce qui m’impressionnait le plus chez cet homme, c’était sa vive intelligence. C’était un véritable auto-di date qui avait une grande aptitude à comprendre les dossiers et à les restituer. J’étais convaincu qu’il œuvrait vraiment pour la reconstruction et le développement de la province d’où mon attachement à sa personne. 

Vers 20h00, le Vice-gouverneur Bruno KAZADI fait une apparition furtive. Il restera juste le temps d’assister à l’audience avec le général Patience YAV, chef de la Police Nationale Congolaise du Kasaï - Oriental. De temps en temps, le directeur de cabinet apparaît aussi. Il présente des dossiers que le chef consulte et  instruit au fur et à mesure.

A 21h00, le Gouverneur reçoit encore et  encore le club des notables. Tout le monde est fatigué sauf lui. Les proches collaborateurs, les « enfants chéris » disparaissent les uns après les autres. Certains reviennent en décontracté, plus relax et arpentent les salons. Tout le monde attend qu’il stoppe.

21h35, Francine nous offre à boire. Tout le monde boit quelque chose sauf le Gouverneur qui continue à recevoir.

Enfin, le chef m’appelle auprès de lui. Mais, Maman Isabelle intervient pour lui rappeler qu’un groupe encore venait d’arriver et voulait le rencontrer en urgence. Il est un peu énervé parce qu’il pensait avoir fini. Il se résout  à les recevoir après moi.  Il me parle directement, sans témoin. Il m’explique ma mission auprès de lui. Je lui donne mon point de vue. Il décide de me faire participer à sa tournée européenne.

              Il reçoit le dernier groupe.

              Il est 22h30. La journée du gouverneur NGOYI KASANJI est finie.

 Serge MBATA TSHIANI. 

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